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Bornes historiques

Dans le cadre de son 350e anniversaire, la municipalité de Petite-Rivière-Saint-François a offert à sa population un legs, ancré dans l’histoire et l’identité de son territoire. Inaugurées en 2026, trois bornes historiques invitent les citoyens et les visiteurs à découvrir les grands jalons de son histoire : sa topographie distinctive, les débuts de son peuplement ainsi que la présence du fleuve, qui rythme depuis toujours la vie des riverains.

Réalisé en étroite collaboration avec la communauté, le projet a permis d’intégrer les citoyens tout au long du processus. Leurs souvenirs, leurs connaissances et leurs témoignages constituent des éléments essentiels de l’expérience de découverte, faisant de ces bornes bien plus que de simples outils d’interprétation : elles deviennent des lieux de transmission de la mémoire collective.

Borne 1 : Topographie et toponymie
Marker 1 — Topography and toponymy

Entre fleuve et montagne / Between the River and the Mountains

La géographie façonne le territoire de Petite-Rivière-Saint-François et influence le mode de vie de sa population.

La municipalité est située entre Baie-Saint-Paul à l’est et Saint-Tite-des-Caps à l’ouest. Elle est enclavée entre l’estuaire du Saint-Laurent et les montagnes du massif laurentien. Cette topographie particulière se caractérise par une succession de versants abrupts bordés d’une étroite bande côtière. La forêt y est omniprésente, limitant les espaces propices à l’agriculture.

Cet isolement naturel concentre le peuplement en bordure du fleuve et, plus tard, sur certains plateaux en montagne. Avant la construction du chemin des Caps, en 1825, le fleuve Saint-Laurent constitue l’unique voie de communication avec l’extérieur. Quiconque souhaite quitter Petite-Rivière-Saint-François ou s’y rendre doit voyager par bateau ou à pied, le long du rivage.

En 1918, la construction du chemin de fer met fin à l’isolement du village. L’enrochement, formé de blocs de pierre servant d’assise et de protection à la voie ferrée, contribue également à freiner l’érosion des berges qui, année après année, réduisait la superficie des terres cultivables.

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Petite-Rivière-Saint-François’ territory is shaped by a geography that has profoundly influenced the way of life of its population.

The municipality is located between Baie-Saint-Paul to the east and Saint-Tite-des-Caps to the west. It is nestled between the St. Lawrence Estuary and the mountains of the Laurentian Massif. This distinctive topography is characterized by a succession of steep slopes bordered by a narrow coastal strip. Forests are omnipresent, limiting the amount of land suitable for agriculture.

This natural isolation concentrated settlements along the river and, later, on certain mountain plateaus. Before the construction of Chemin des Caps in 1825, the St. Lawrence River was the only means of communication with the outside world. Anyone wishing to leave Petite-Rivière-Saint-François or to travel there had to journey by boat or on foot along the shoreline.

The construction of a railway in 1918 brought the village’s isolation to an end. The rock embankment, made of stone blocks that served as a foundation and protection for the railway, also helped slow shoreline erosion, which had been reducing the amount of cultivable land year after year.

Ce cadre géographique particulier a contraint les Riverains à s’adapter à un environnement exigeant. De cette réalité est née une communauté reconnue pour sa grande résilience. / This distinctive geographical setting forced the people of Petite-Rivière to adapt to a demanding environment. From this reality emerged a community known for its remarkable resilience.

Saint-François-Xavier-de-Petite-Rivière (Petite-Rivière-Saint-François), 1979, Archives nationales à Québec, Fonds Ministère de la Culture et des Communications (E6,S8,SS2,SSS74,D2,P7). / Saint-François-Xavier-de-Petite-Rivière (Petite-Rivière-Saint-François), 1979, National Archives in Quebec City, Ministère de la Culture et Communications Collection (E6,S8,SS2,SSS74,D2,P7).


D’où vient le nom du village ? / Where Does the Village’s Name Come From?

L’histoire du nom de la municipalité remonte à la Nouvelle-France.

En 1603, l’explorateur Samuel de Champlain navigue sur le fleuve Saint-Laurent. Il jette l’ancre dans une anse qui deviendra plus tard Petite-Rivière-Saint-François. Inspiré par le paysage, Champlain appelle l’endroit « Petite Rivière » en référence au cours d’eau qui traverse cette étroite bande de terre avant de se déverser dans le fleuve.

Ce n’est qu’après une soixantaine d’années que s’ajoute la mention « Saint-François » pour honorer le prénom du premier seigneur. En 1662, Monseigneur François-Xavier de Montmorency Laval acquiert la seigneurie de la Côte-de-Beaupré. Il souhaite ainsi subvenir aux besoins du Séminaire de Québec, qu’il vient de fonder. Ce vaste territoire, qui englobe l’actuel territoire de Petite-Rivière-Saint-François, s’étend de la rivière Montmorency, dans la région de Québec, jusqu’à la rivière du Gouffre, à Baie-Saint-Paul.

Monseigneur de Laval est aussi le père fondateur de l’Église catholique en Nouvelle-France, et le premier évêque de Québec. 

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The history of the municipality’s name dates back to New France.

In 1603, explorer Samuel de Champlain sailed along the St. Lawrence River. He dropped anchor in a cove that would later become Petite-Rivière-Saint-François. Inspired by the landscape, Champlain named it “Petite Rivière,” or “Little River,” in reference to the waterway that crosses this narrow strip of land before flowing into the St. Lawrence.

It was only some sixty years later that “Saint-François” was added to honour the first name of the first seigneur. In 1662, Bishop François-Xavier de Montmorency Laval acquired the Seigneurie de la Côte-de-Beaupré. His aim was to provide for the needs of the Séminaire de Quebec, which he had just founded. This vast territory included present-day Petite-Rivière-Saint-François and extended from the Montmorency River in the region of Quebec to the Rivière du Gouffre in Baie-Saint-Paul.

Bishop de Laval was also the founding father of the Catholic Church in New France and the first Bishop of Quebec. 

C’est ainsi qu’est née l’appellation Petite-Rivière-Saint-François. Elle témoigne à la fois de la géographie du lieu et de son héritage religieux. / This is how the name Petite-Rivière-Saint-François came into being, reflecting both the geography of the area and its religious heritage.

Une seule rue avec ses maisons adossées à la montagne à Petite-Rivière-Saint-François, 1943, par Louis Coderre, Archives nationales à Québec, Fonds Ministère de la Culture et des Communications (E6,S7,SS1,D2,P17638). / Une seule rue avec ses maisons adossées à la montagne à Petite-Rivière-Saint-François, 1943, by Louis Coderre, National Archives in Quebec City, Ministère de la Culture et des Communications Collection (E6,S7,SS1,D2,P17638).


Des noms qui nous parlent  / Names That Tell Our Story

Les noms des routes et des secteurs de Petite-Rivière-Saint-François racontent une histoire. Ils parlent du territoire et des gens qui l’ont marquée.

Le long des dix kilomètres de rive, plusieurs endroits portent des noms inspirés par la géographie maritime : anses, caps, baies et pointes.

Certains noms évoquent les arbres qui poussent à l’époque des premiers établissements. C’est le cas de la pointe d’Aulnes, du cap aux Bouleaux et de l’Anse-aux-Pommiers.

D’autres rendent hommage à des personnes importantes, comme les premiers propriétaires terriens ou des gens influents. L’anse à Petit-Claude, la batture Claude, le banc de sable Petit-Claude et la rue Claude-Bouchard rappellent tous le souvenir du pionnier Claude Bouchard. Le Domaine à Liguori garde en mémoire Liguori Simard, un des derniers propriétaires du site de la lignée des Simard.

Plus récemment, un nouveau quartier est construit sur la montagne : le Fief du Massif. Les rues de ce secteur portent les noms d’anciennes goélettes de Petite-Rivière. Les chemins comme ceux de la Marie-Renée, de la Cécilia, de la Jean-Eudes et de l’Alida montrent à quel point ces bateaux comptent dans l’histoire de la région.

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The names of the roads and areas of Petite-Rivière-Saint-François tell a story. They speak of the land and of the people who shaped it.

Many places bear names inspired by maritime geography along the ten kilometres of shoreline: coves, capes, bays and points.

Some names evoke trees that grew here at the time of the first settlements. Examples include Pointe d’Aulnes, Cap aux Bouleaux and Anse-aux-Pommiers.

Others honour important individuals, such as the first landowners or influential members of the community. Anse à Petit-Claude, Batture Claude, Banc de sable Petit-Claude and Rue Claude-Bouchard all preserve the memory of pioneer Claude Bouchard. Domaine à Liguori commemorates Liguori Simard, one of property's last owners from the Simard family line.

More recently, a new neighbourhood was developed on the mountain: the Fief du Massif. The streets in this area bear the names of former schooners from Petite-Rivière. Roads such as Marie-Renée, Cécilia, Jean-Eudes and Alida reflect the important place these vessels hold in the region’s history.

Ces noms de lieu constituent un précieux héritage et participent à la mémoire collective de Petite-Rivière-Saint-François. / The names of these places constitute a precious heritage and contribute to the collective memory of Petite-Rivière-Saint-François.

Photo M. Paul Bouchard, Musée maritime de Charlevoix, Fonds Cédric Pearson (C5052).

Petite-Rivière se raconte / Petite-Rivière Tells Its Story

Écoutez les témoignages pour entendre les récits de celles et ceux qui ont vécu et qui vivent encore Petite-Rivière. / Listen to these testimonials and discover the stories of those who once lived—and those who still live—in Petite-Rivière.

Les gens de Petite-Rivière / The People of Petite-Rivière

Jean-Baptiste Bouchard

M. Bouchard nous raconte ce qui, à ses yeux, caractérise les gens de Petite-Rivière : un peuple solide, résilient et débrouillard, issu de générations de marins et de bûcherons. / Mr. Bouchard shares what, in his eyes, defines the people of Petite-Rivière: a strong, resilient, and resourceful community shaped by generations of sailors and lumberjacks.


Le développement de Petite-Rivière / The Development of Petite-Rivière

Jean-Léon Bouchard

L’arrivée de nouveaux moyens de transport a favorisé le développement de Petite-Rivière. Le train et les routes ont facilité les déplacements et permis de mieux relier le village aux communautés voisines, dont Baie-Saint-Paul. Jean-Léon Bouchard explique comment ces changements ont contribué à transformer Petite-Rivière. / The arrival of new means of transportation helped drive the development of Petite-Rivière. Trains and roads made travel easier and better connected the village with neighbouring communities, including Baie-Saint-Paul. Jean-Léon Bouchard explains how these changes helped transform Petite-Rivière.


Le grand incendie de 1946 / The Great Fire of 1946

Annette Lavoie

Dans la nuit du 18 au 19 août 1946, un incendie s’est déclaré au centre du village et s’est rapidement propagé aux maisons voisines. Quatorze maisons ont été détruites et neuf enfants ont tragiquement perdu la vie. Mme Lavoie garde un souvenir vif de cet événement : toute jeune, elle a dû fuir les flammes avec sa mère. Une croix commémorative est aujourd’hui érigée sur le lieu du drame. / On the night of August 18 to 19, 1946, a fire broke out in the centre of the village and quickly spread to neighbouring homes. Fourteen houses were destroyed, and nine children tragically lost their lives. Ms. Lavoie has vivid memories of the event: as a young girl, she had to flee the flames with her mother. Today, a memorial cross stands at the site of the tragedy.


Quand la religion rythmait les journées / When Religion Shaped Daily Life

Annette Lavoie

Autrefois, la religion était bien plus qu’une pratique : elle faisait partie de la vie de tous les jours. Le dimanche, une grande partie de la journée était consacrée aux activités religieuses. Elle se retrouvait jusque dans les lieux fréquentés par les enfants. Annette Lavoie se souvient notamment du terrain de jeu du curé, situé à la Pointe d’Aulnes. / In the past, religion was much more than a practice: it was part of everyday life. On Sundays, much of the day was devoted to religious activities. Its influence could even be felt in the places where children played. Annette Lavoie recalls, in particular, the priest’s playground at Pointe d’Aulnes.


Le temps des sucres et les moulins à scie / Sugaring Season and the Sawmills

Florent Côté

Florent Côté travaillait fort auprès de sa famille. En plus de la pêche à l’anguille, il participait aux travaux de la sucrerie et aidait son grand-père au moulin à scie. Le moulin fonctionnait grâce à la force de l’eau, qui servait aussi à produire de l’électricité. Il raconte comment ces différents travaux se faisaient et comment, à cette époque, on trouvait une utilité à tout ce que l’on avait. / Florent Côté worked hard alongside his family. In addition to eel fishing, he helped with the work at the sugar shack and assisted his grandfather at the sawmill. The mill was powered by water, which was also used to generate electricity. He describes how this work was done and how, in those days, people found a use for everything they had.


La devise / The Motto

VERS LE LARGE, VERS LES HAUTEURS / TOWARD THE OPEN WATER, TOWARD THE HEIGHTS

Inscrite dans le volant au bas des armoiries, la devise VERS LE LARGE, VERS LES HAUTEURS traduit la volonté de dépassement qui a longtemps inspiré les Riverains appelés à conquérir la mer et la montagne pour assurer leur subsistance et celle de leurs descendants. Cette devise évoque aussi le souci d’excellence qui a animé et qui anime encore les habitants de Petite Rivière. / The motto inscribed on the scroll at the bottom of the coat of arms, VERS LE LARGE, VERS LES HAUTEURS or TOWARD THE OPEN WATER, TOWARD THE HEIGHTS, expresses the spirit of striving for greater things that long inspired the people of Petite-Rivière. They had to conquer both the sea and mountains to ensure their own livelihood and that of their descendants. The motto also evokes the pursuit of excellence that has inspired—and continues to inspire—the people of Petite-Rivière.

– Marc-André Bluteau, historien / historian

Sans-titre, 1933, huile sur bois, par Jean Palardy, Musée de Charlevoix (2004.4.42). / Caption: Untitled, 1933, Oil on wood, by Jean Palardy, Musée de Charlevoix (2004.4.42).

Borne 2 : Peuplement
Marker 2 — Settlement

L’occupation du territoire / Settlement of the Territory

Bien avant l’établissement de la paroisse, le territoire est déjà fréquenté par les peuples autochtones. Pour eux, le fleuve Saint-Laurent est une voie importante pour se déplacer, pêcher et faire des échanges.

Des fouilles archéologiques faites à Baie-Sainte-Catherine montrent une présence humaine qui remonte à 8000 ans avant notre ère. On trouve encore des traces à plusieurs endroits reliés autrefois par des sentiers : autour de L’Isle-aux-Coudres, à la pointe aux Alouettes près du fjord du Saguenay, à l’embouchure de la rivière Malbaie, ainsi que dans les secteurs de Petite-Rivière et de Baie-Saint-Paul.

Le premier colon arrive en 1675. Petite-Rivière devient ainsi le plus ancien site de colonisation de Charlevoix. Cette année-là, Monseigneur François-Xavier de Montmorency Laval concède une terre à M. Claude Bouchard, considéré comme le premier habitant français du secteur. Au fil des années, d’autres familles s’installent : celles de René Bin dit Lacroix, Pierre Laforest dit Labranche, Jacques Fortin, René de la Voye fils, Pierre et Michel Tremblay, Noël Simard et Ignace Gasnier. Aujourd’hui encore, plusieurs de leurs descendantes et descendants vivent dans la municipalité.

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Long before the parish was established, Indigenous people were already travelling through the territory. The St. Lawrence River was an important route for travel, fishing and trade for them.

Archaeological excavations conducted at Baie-Sainte-Catherine reveal a human presence dating back to 8,000 BC. Traces can still be found at several locations once connected by trails around L’Isle-aux-Coudres, at Pointe aux Alouettes near the Saguenay Fjord, at the mouth of the Malbaie River, and in the Petite-Rivière and Baie-Saint-Paul areas.

The first settler arrived in 1675, making Petite-Rivière the oldest European settlement site in Charlevoix. That year, Bishop François-Xavier de Montmorency Laval granted a parcel of land to Claude Bouchard, considered the first French resident of the area. Over the years, other families settled here: those of René Bin dit Lacroix, Pierre Laforest dit Labranche, Jacques Fortin, René de la Voye fils, Pierre and Michel Tremblay, Noël Simard and Ignace Gasnier. Many of their descendants still live in the municipality today.

Le territoire de Charlevoix est un lieu de rencontre important entre les Autochtones et les nouveaux arrivants. Au fil du temps, son occupation modifie la façon dont les communautés l’utilisent et le fréquentent. Les traces de leur présence sont encore visibles aujourd’hui. / The Charlevoix territory was an important meeting place between Indigenous people and newcomers. Settlement changed the ways in which communities used and travelled through the territory over time. Traces of their presence remain visible today.

Topographical map of the District of Quebec, Three Rivers, St. Francis and Gaspé, Lower Canada. [...], 2 mai 1831, par Joseph Bouchette père, Archives nationales à Québec, Fonds Ministère des Terres et Forêts (E21,S555,SS1,SSS15,P1). / Topographical map of the District of Quebec, Three Rivers, St. Francis and Gaspé, Lower Canada. [...], May 2, 1831, by Joseph Bouchette Sr., National Archives in Quebec City, Ministère des Terres et Forêts Collection (E21,S555,SS1,SSS15,P1).


Une communauté tissée serrée / A Close-Knit Community

Comme partout dans la province, la communauté de Petite-Rivière s’organise autour de la religion et de l’éducation.

Une première chapelle est construite en 1705. Dans l’emprise du quai actuel se trouve une croix, plantée dans un rocher, symbolisant l’emplacement de cette première chapelle. Selon certains témoignages, l’érosion et les flots déchaînés du fleuve l’ont emportée lors d’une tempête. La première église est érigée en 1738, plus près de la montagne. Elle est démolie en 1903 pour faire place à l’église actuelle, bâtie en 1905. Cette dernière se distingue par son symbolisme maritime : le bleu et le blanc, qui rappellent la mer et l’écume, sont partout. Un bateau est même suspendu dans le chœur. À l’époque, la religion occupe une place très importante dans la vie des gens. Plusieurs fêtes et processions animent les rues du village et rassemblent toute la communauté.

Dans la seconde moitié des années 1800, les enfants fréquentent les écoles de rang, de modestes bâtiments chauffés au bois, avec une seule classe. On en retrouve dans chacun des principaux secteurs de Petite-Rivière : au village, à Grande-Pointe, à Maillard, à La Martine, à L’Abattis et dans le rang Saint-Cassien. Une institutrice y enseigne les matières de base de la première à la septième année. Pour plusieurs enfants, c’est l’unique enseignement qu’ils reçoivent avant de commencer à travailler sur la ferme ou à la maison. En 1944, l’enseignement prend un nouvel essor avec l’arrivée des religieuses Petites Franciscaines de Marie de Baie-Saint-Paul qui prennent en charge l’école du village.

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Like much of the province, the community of Petite-Rivière was organized around religion and education.

The first chapel was built in 1705. Within the footprint of today’s wharf stands a cross planted in a rock, symbolizing the location of this chapel. According to some accounts, erosion and the raging waters of the river swept it away during a storm. The first church was later erected closer to the mountain in 1738. It was later demolished in 1903 to make way for the present church, built in 1905. The latter is distinguished by its maritime symbolism. Its blue and white color scheme recalls the sea and its foam. A boat even hangs in the chancel. At the time, religion played a very important role in people’s lives. Numerous celebrations and processions filled the village streets and brought the entire community together.

In the second half of the 1800s, children attended small rural schools—modest, wood-heated buildings with single classrooms. These schools could be found in each of Petite-Rivière’s main areas: the village, Grande-Pointe, Maillard, La Martine, L’Abattis and Rang Saint-Cassien. A schoolmistress taught basic subjects from Grade 1 through Grade 7. For many children, this was the only education they received before beginning work on the farm or at home. In 1944, education entered a new phase when the Petites Franciscaines de Marie sisters arrived from Baie-Saint-Paul to take charge of the village schools.

En 1944, l’enseignement prend un nouvel essor avec l’arrivée des religieuses Petites Franciscaines de Marie de Baie-Saint-Paul qui prennent en charge l’école du village. / In 1944, education entered a new phase when the Petites Franciscaines de Marie sisters arrived from Baie-Saint-Paul to take charge of the village schools.

Une pêche fructueuse à Petite-Rivière. Jean Palardy, Musée de Charlevoix, Fonds Palardy (P25.P5-1.3-2).


Une lutte pour la survie / A Struggle for Survival

Les débuts de la colonisation sont lents et exigeants. S’installer à Petite-Rivière demande beaucoup de courage et de détermination hors du commun.

L’agriculture y est particulièrement difficile, car les terres sont peu fertiles et la superficie cultivable est limitée. Le long du fleuve, les berges sont continuellement grugées par l’érosion. Plus tard, elles poussent les habitants à défricher les plateaux situés en hauteur. C’est ainsi que plusieurs s’adonnent à la coupe du bois comme activité de survie. 

Jusqu’au début des années 1900, les familles vivent principalement en autosuffisance. Elles produisent l’essentiel pour subvenir à leurs besoins : avoine, sarrasin, blé, foin et légumes. À l’automne, les récoltes sont conservées dans des caveaux partiellement enfouis dans le sol afin de les protéger du gel. L’élevage de vaches, de chevaux, de poules et de cochons complète cette économie de subsistance en fournissant viande, lait, beurre et cuir, indispensables à la vie quotidienne. L’industrie du bois et de la pêche sont des activités économiques très prospères.

Au mois de mars, c’est le temps des sucres : on « court les érables ». La forêt s’anime autour des feux servant à bouillir l’eau d’érable. À cette époque, la plupart des familles exploitent l’érable grâce aux connaissances acéricoles héritées des Autochtones. Lorsque la récolte est abondante, les Riverains vendent leurs surplus aux marchands de Québec et de Baie-Saint-Paul, obtenant un revenu d’appoint précieux.

À partir des années 1950, l’économie se transforme progressivement. L’agriculture se modernise et l’approvisionnement extérieur devient plus accessible, entraînant le déclin graduel de ce mode de vie autosuffisant. 

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The early years of settlement were slow and demanding. Settling in Petite-Rivière required extraordinary courage and determination.

Farming was particularly difficult because the soil was not very fertile and cultivable land was limited. Along the river, the shoreline was continually eaten away by erosion. This eventually drove residents to clear the plateaus at higher elevations, consequently turning logging into a means for survival for many.

Until the early 1900s, families lived largely self-sufficiently. They produced most of what they needed: oats, buckwheat, wheat, hay and vegetables. In the fall, crops were stored in root cellars partially dug into the ground to protect them from frost. Raising cows, horses, chickens and pigs complemented this subsistence economy by providing meat, milk, butter and leather, all essential to daily life. Lumber and fishing were also highly prosperous economic activities.

March marked maple sugar season. Residents would harvest the maple trees and the forest would come alive around fires used to boil maple sap. At the time, most families tapped maple trees using knowledge inherited from Indigenous people. When the harvest was plentiful, residents sold their surplus to merchants in Quebec City and Baie-Saint-Paul, providing a valuable source of additional income.

In the early 1950s, the economy began to shift. As agriculture modernized and outside supplies became more accessible, this self-sufficient way of life gradually declined. 

L’acériculture demeure toutefois bien vivante. Les chaudières de tôle ont été remplacées par des tubulures, mais la tradition de se rassembler autour de ce savoir-faire reste profondément ancrée dans les traditions. / Maple syrup production, however, remains very much alive today. Metal buckets have given way to tubing systems, but the tradition of gathering around this knowledge and craft remains deeply rooted in local culture.

Cabane à sucre, par Jean Palardy, Musée de Charlevoix, Fonds Palardy (P25.P5-9.2-1). / Cabane à sucre, by Jean Palardy, Musée de Charlevoix, Palardy Collection (P25.P5-9.2-1).

Petite-Rivière se raconte / Petite-Rivière Tells Its Story

Écoutez les témoignages pour entendre les récits de celles et ceux qui ont vécu et qui vivent encore Petite-Rivière. / Listen to these testimonials and discover the stories of those who once lived—and those who still live—in Petite-Rivière.

Le grand Philippe / “Le grand Philippe”

Jean-Baptiste Bouchard

M. Bouchard nous fait découvrir son père, Philippe Bouchard (1897-1990), surnommé « Le grand Philippe » en raison de sa grande taille et de ses nombreuses connaissances. Figure importante de Petite-Rivière, il a occupé plusieurs rôles au sein de la communauté. / Mr. Bouchard introduces us to his father, Philippe Bouchard (1897–1990), nicknamed “Le grand Philippe” because of his tall stature and extensive knowledge. An important figure in Petite-Rivière, he held several roles within the community.


Une grand-mère inspirante / An Inspiring Grandmother

Annette Lavoie

Mme Lavoie rend hommage à sa grand-mère, une femme très intelligente et cultivée qui occupait une place importante dans sa famille. À une époque où les filles avaient rarement la chance de poursuivre leurs études, sa grand-mère voulait que ses petites-filles s’instruisent. Elle a fait de leur éducation une priorité et les a aidées à poursuivre leurs études. / Ms. Lavoie pays tribute to her grandmother, a highly intelligent and educated woman who played an important role in her family. At a time when girls rarely had the opportunity to continue their education, her grandmother wanted her granddaughters to pursue their studies. She made their education a priority and helped them continue their schooling.


Du jardin à la table / From the Garden to the Table

Agathe Lajoie

Avant l’apparition des supermarchés, les familles de Petite-Rivière devaient produire une bonne partie de leur nourriture. Elles cultivaient de grands jardins et élevaient des animaux pour se nourrir. Mme Lajoie nous raconte cette vie où l’on faisait beaucoup avec ce que l’on avait. Elle nous dévoile aussi sa fameuse recette de soupe aux gourganes, avec sa petite touche spéciale. / Before supermarkets became commonplace, families in Petite-Rivière had to produce much of their own food. They tended large gardens and raised animals to feed their families. Ms. Lajoie recalls a way of life in which people made the most of what they had. She also shares her famous broad bean soup recipe, complete with her own special touch.


Les Fêtes en famille / Family Holiday Celebrations

Agathe Lajoie

Comment se préparait-on pour les Fêtes à Petite-Rivière ? À cette époque, les préparatifs se faisaient en grand et les familles nombreuses se réunissaient pour célébrer dans un esprit de partage et de retrouvailles. / How did people prepare for the holiday season in Petite-Rivière? In those days, preparations were extensive, and large families gathered to celebrate in a spirit of sharing and togetherness.


Les jeux d’autrefois / Games of Days Gone By

Agathe Lajoie

Mme Lajoie nous raconte les jeux et les passe-temps de sa jeunesse, alors que les enfants de Petite-Rivière s’amusaient avec les moyens du bord. Ils faisaient preuve de beaucoup d’imagination et trouvaient différentes façons de profiter de ce que leur offrait leur environnement. / Ms. Lajoie recalls the games and pastimes of her youth, when the children of Petite-Rivière entertained themselves with whatever they had on hand. They used their imagination and found all kinds of ways to make the most of their surroundings.

Sans-titre, huile sur carton, par Jean Palardy, Musée de Charlevoix (2004.4.23). / Untitled, oil on cardboard, by Jean Palardy, Musée de Charlevoix (2004.4.23).

Borne 3 : Le fleuve, cœur de la communauté
Marker 3 — The river, heart of the community

Défier l'isolement / Overcoming Isolation

Petite-Rivière-Saint-François développe naturellement une vocation maritime. Avant l’aménagement de la route carrossable en 1825, le Saint-Laurent constitue l’unique voie de communication.

Pour briser leur isolement, les habitants doivent maîtriser l’art de la navigation. Cela donne naissance à plusieurs générations de marins, de navigateurs et de constructeurs de navires reconnus. Parmi eux figure le capitaine Simon Bouchard. Après un passage au séminaire de Chicoutimi, il répond à « l’appel de la mer » comme beaucoup d’hommes de la région attirés par le fleuve. Devenu capitaine vers 1940, il participe à des missions de transport de troupes et de marchandises pendant la Deuxième Guerre mondiale. Sa carrière le mène jusqu’au Grand Nord, en Europe et en Asie. À chacun de ses retours au village, ses récits de voyage captivent les Riverains et alimentent l’imaginaire de plusieurs générations.

À bord de leurs navires, les capitaines assurent le transport essentiel des passagers, des marchandises et du courrier. Le transport maritime constitue alors un pilier économique de la région. Le savoir-faire des navigateurs de Petite-Rivière — Bouchard, Lavoie, Tremblay, Simard, Harvey, Desgagnés, pour ne nommer que ceux-là — est reconnu bien au-delà de Charlevoix. Depuis le 18e siècle, de nombreux pilotes du Saint-Laurent sont d’ailleurs originaires de Petite-Rivière.

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Petite-Rivière-Saint-François naturally developed a maritime vocation. The St. Lawrence was the only way to travel and connect before the construction of a road suitable for vehicles in 1825.

To overcome their isolation, residents had to master the art of navigation. This gave rise to several generations of renowned sailors, navigators and shipbuilders. Among them was Captain Simon Bouchard. After attending the Chicoutimi seminary, he answered the “call of the sea” like many other men from the region drawn to the river. He became a captain around 1940 and participated in troop and cargo transport missions during the Second World War. His career took him as far as the Far North, Europe and Asia. Whenever he returned to the village, his travel stories captivated the people of Petite-Rivière and fired the imagination of several generations.

Aboard their vessels, captains provided essential transportation for passengers, goods and mail. Maritime transportation was a pillar of the regional economy. The expertise of Petite-Rivière’s navigators—Bouchard, Lavoie, Tremblay, Simard, Harvey and Desgagnés, to name only a few—was recognized far beyond Charlevoix. Since the 18th century, many St. Lawrence River pilots have come from Petite-Rivière.

Bravant les tempêtes, les glaces et les courants du Saint-Laurent, ces hommes de mer ont fait du fleuve un allié indispensable plutôt qu’un obstacle. / Braving storms, ice and the river’s currents, these seafarers turned the St. Lawrence into an indispensable ally rather than an obstacle.

M. Euclide Bouchard, propriétaire de bateaux, avec un de ses employés sur le chantier de la Conrad-Marie. Photo Mme Euclide Bouchard, vers 1956, Musée Maritime de Charlevoix, Fonds Cédric Pearson, C2041. / Mr. Euclide Bouchard, boat owner, with one of his employees at the Conrad-Marie construction site. Photo: Mrs. Euclide Bouchard, circa 1956, Musée maritime de Charlevoix, Cédric Pearson Collection (C2041).

De gauche à droite : Mme Charlotte Lavoie, les jumeaux Ghyslain et Ghyslaine Bouchard, Mme Cécilienne Bouchard, Mme Élise Bouchard et le petit Charles-Omer Bouchard dans les bras de Mme Yvonnie Bouchard, ainsi qu’un des oncles Bouchard. Ils se trouvent sur le pont de la goélette Conrad-Marie, qui était alors en construction. Photo Mme Euclide Bouchard, vers 1956, Musée Maritime de Charlevoix, Fonds Cédric Pearson (C2068). / From left to right: Mrs. Charlotte Lavoie, twins Ghyslain and Ghyslaine Bouchard, Mrs. Cécilienne Bouchard, Mrs. Élise Bouchard and young Charles-Omer Bouchard in the arms of Mrs. Yvonnie Bouchard, along with one of the Bouchard uncles. They are standing on the deck of the schooner Conrad-Marie, then under construction. Photo: Mrs. Euclide Bouchard, circa 1956, Musée maritime de Charlevoix, Cédric Pearson Collection (C2068).


Goélette, reine du fleuve / The Schooner, Queen of the River

La maîtrise de la navigation favorise le développement de la construction navale. Dès le 18e siècle, des chantiers temporaires s’installent sur la grève.

Les artisans y construisent des bateaux et, plus tard, des goélettes. Ces élégants voiliers à fond plat sont parfaitement adaptés aux conditions du Saint-Laurent, et sont capables de s’échouer sur la vase ou le sable à marée basse.

La fabrication d’un bateau en bois représente un travail colossal ! Entre 1865 et 1959, 64 goélettes sont bâties à Petite-Rivière. Ce savoir-faire se transmet de génération en génération au sein de familles de maîtres-charpentiers, dont celles de Léon Lavoie et de Michel Tremblay. Parmi les navires les plus marquants figurent les goélettes Jean-Yvan et Jean-Richard. Elles sont les deux dernières goélettes en bois construites à Petite-Rivière et au Québec, respectivement en 1958 et 1959, sous la direction de Philippe Lavoie. Les vestiges de la Jean-Yvan sont conservés au Musée maritime de Charlevoix, et la construction de la Jean-Richard a été immortalisée dans le documentaire Les Goélettes de Pierre Perrault et René Bonnière (ONF, 1960).

En hiver, certains marins mettent leur navire à l’abri des glaces dans la cale sèche de Maillard ou dans l’anse du quai, où les goélettes demeurent en sécurité jusqu’au printemps. 

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Mastery of navigation encouraged the development of shipbuilding. Temporary shipyards were established along the shore as early as the 18th century.

Craftsmen built boats there and, later, schooners. These elegant flat-bottomed vessels were perfectly adapted to conditions on the St. Lawrence and could be beached on mud or sand at low tide.

Building a wooden boat was a colossal undertaking! Between 1865 and 1959, 64 schooners were built in Petite-Rivière. This expertise was passed down from generation to generation within families of master shipwrights, including those of Léon Lavoie and Michel Tremblay. Among the most notable vessels were the schooners Jean-Yvan and Jean-Richard. They were the last two wooden schooners built in Petite-Rivière and in Quebec under the direction of Philippe Lavoie, in 1958 and 1959 respectively. The remains of the Jean-Yvan are preserved at the Musée maritime de Charlevoix, while the construction of the Jean-Richard was immortalized in the documentary Les Goélettes by Pierre Perrault and René Bonnière (NFB, 1960).

In winter, some sailors sheltered their vessels from the ice in the Maillard dry dock or in the wharf cove, where the schooners remained safely protected until spring. 

Le lancement d’une goélette, synchronisé avec les grandes marées, constitue un événement festif qui rassemble tout le village. / The launching of a schooner, timed to coincide with the high tides, was a festive event that brought the entire village together.

Goélettes ancrées au large. Petite-Rivière-Saint-François. Charlevoix., vers 1950, par George A. Driscoll, Archives nationales à Québec, Fonds George A Driscoll (P630,S10,D21849). / Goélettes ancrées au large, Petite-Rivière-Saint-François, Charlevoix, circa 1950, by George A. Driscoll, National Archives in Quebec City, George A. Driscoll Collection (P630,S10,D21849).


Pêcher l’anguille / Eel Fishing

La pêche, et plus particulièrement la pêche à l’anguille, a longtemps constitué une activité essentielle à Petite-Rivière-Saint-François.

Face à la pauvreté des terres agricoles, le fleuve représente une précieuse source de nourriture et de revenus pour les familles.

Chaque printemps, les pêcheurs aménagent des structures de pêche fixes appelées fascines. Atteignant plusieurs mètres de longueur, elles sont formées de pieux entre lesquels se trouvent des palissades de bois. Cette architecture guide naturellement les poissons vers des coffres, ou « por », de capture. Ces structures tirent parti des marées et des courants du Saint-Laurent pour emprisonner les poissons à marée basse.

Les anguilles arrivent à l’automne et leur pêche exige un travail considérable. Les captures se font surtout pendant la nuit ou par mauvais temps, lorsque les eaux sont troubles et agitées. À marée descendante, les pêcheurs vont « courir » leurs pêches. Ils traversent la vase et les dangereuses rigoles pour récolter leurs prises à l’aide d’épuisettes.

Bien au-delà de son importance économique, la pêche à l’anguille marque profondément la vie des familles de Petite-Rivière. Chaque automne, parents, enfants et proches se rassemblent autour des fascines. Les anguilles sont apprêtées de multiples façons : pochées, rôties, fumées ou mises en conserve. Les souvenirs de cette époque évoquent encore l’odeur caractéristique de leur cuisson qui imprègne les maisons.

Autrefois répandue sur les rives du Saint-Laurent, la pêche à la fascine est aujourd’hui devenue rare. Inscrite au Registre du patrimoine culturel du Québec, elle constitue un précieux témoignage du savoir-faire des communautés riveraines.

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Fishing—and eel fishing in particular—was long an essential activity in Petite-Rivière-Saint-François.

The river provided families with a precious alternative source of food and income, given the poor quality of the farmland

Each spring, fishermen installed fixed fishing structures known as fascines, or fish weirs. Extending several metres in length, they consisted of stakes with wooden barriers between them. This structure naturally guided fish toward holding traps, known locally as por. The weirs took advantage of the tides and currents of the St. Lawrence to trap fish at low tide.

Eels arrived in the fall and catching them required considerable work. Fishing took place mainly at night or in bad weather, when the water was murky and rough. As the tide receded, fishermen crossed mud flats and dangerous channels to collect their catch with dip nets.

The impact of eel fishing in Petite-Rivière was more than economic, it profoundly shaped family life. In the fall, parents, children and relatives gathered around the fish weirs. Eels were prepared in many ways: poached, roasted, smoked or preserved. Memories of that era still evoke the distinctive smell of cooking eel that filled the houses.

Once widespread along the shores of the St. Lawrence, fish-weir fishing has now become rare. Listed in Quebec’s Register of Cultural Heritage, it is a valuable testament to the traditional knowledge and skills of riverside communities.

Les « Anguilles », surnom affectueusement donné aux gens de Petite-Rivière-Saint-François, célèbrent cette tradition, chaque automne, lors des Festivités de l’anguille. / Each fall, the residents of Petite-Rivière-Saint-François, affectionately known as the “Eels”, honour this custom during the Festivités de l’anguille.

Des anguilles fraîchement pêchées à Petite-Rivière, par Jean Palardy, Musée de Charlevoix, Fonds Palardy (P25.P5-35 1-2). /Des anguilles fraîchement pêchées à Petite-Rivière, by Jean Palardy, Musée de Charlevoix, Palardy Collection (P25.P5-35 1-2).

Petite-Rivière se raconte / Petite-Rivière Tells Its Story

Écoutez les témoignages pour entendre les récits de celles et ceux qui ont vécu et qui vivent encore Petite-Rivière. / Listen to these testimonials and discover the stories of those who once lived—and those who still live—in Petite-Rivière.

L’évolution des goélettes / The Evolution of the Schooners

Léopold Bouchard

Saviez-vous que les goélettes de Petite-Rivière avaient une particularité bien utile ? Comme elles étaient sensibles aux vents et aux tempêtes, leur fond plat leur permettait de s’échouer à marée basse sans se renverser. M. Bouchard nous parle de l’évolution des goélettes de Petite-Rivière, de la voile au moteur. / Did you know that Petite-Rivière’s schooners had a particularly useful feature? Because they were vulnerable to winds and storms, their flat bottoms allowed them to settle on the shore at low tide without capsizing. Mr. Bouchard tells us about the evolution of Petite-Rivière’s schooners, from sail to motor power.


Une famille, un équipage / One Family, One Crew

Gaëtane Bouchard

Mme Bouchard a la mer dans le sang. Elle vient d’une famille de marins composée de cinq garçons et de cinq filles. Sur le bateau de son père, les membres de la famille formaient l’équipage et travaillaient tous ensemble. Ils ont ainsi partagé une vie au rythme des marées, naviguant entre les villages de la côte pour transporter des matériaux d’un port à l’autre. / Ms. Bouchard has the sea in her blood. She comes from a seafaring family of five boys and five girls. Aboard her father’s boat, family members made up the crew and worked together. They shared a life shaped by the tides, sailing between coastal villages to transport materials from one port to another.


Un naufrage qui laisse des traces / A Shipwreck That Left Its Mark

Renald Tremblay

Les marins de Petite-Rivière vivent toutes sortes d’aventures sur les eaux parfois tumultueuses du Saint-Laurent. Renald Tremblay témoigne d’une expérience qui l’a profondément marqué : le naufrage survenu le matin du 15 juin 1988. Dans la brume, le caboteur Coudres de l’Île est entré en collision avec le vraquier Algowest et a sombré en moins de 90 secondes. Neuf membres de l’équipage ont survécu, mais la cuisinière Françoise Villeneuve, âgée de 27 ans, a disparu. / The sailors of Petite-Rivière experienced all kinds of adventures on the sometimes turbulent waters of the St. Lawrence. Renald Tremblay recalls an experience that left a profound mark on him: a shipwreck on the morning of June 15, 1988. In the fog, the coaster Coudres de l’Île collided with the bulk carrier Algowest and sank in less than 90 seconds. Nine crew members survived, but 27-year-old cook Françoise Villeneuve was lost.


La pêche à l’anguille, une tradition / Eel Fishing: A Tradition

Florent Côté

Dès son jeune âge, Florent Côté a appris à pêcher l’anguille avec son grand-père Joseph Eugène Lavoie. Il a été le dernier à pratiquer cette tradition familiale avec la plus grosse pêche de Petite-Rivière, transmise de génération en génération. Avant d’installer une pêche, il fallait bien connaître l’endroit, les marées et les habitudes de l’anguille. Cette activité lui a transmis des valeurs qu’il garde encore aujourd’hui : la vaillance, la résilience et le respect des forces de la nature. / From a young age, Florent Côté learned to fish for eel with his grandfather, Joseph Eugène Lavoie. He was the last to carry on this family tradition using Petite-Rivière’s largest eel-fishing installation, passed down from generation to generation. Before setting up an eel fishery, one had to know the location, the tides, and the habits of the eel well. This activity instilled values in him that he still carries today: hard work, resilience, and respect for the forces of nature.


L’anguille, bien plus qu’un poisson / The Eel: Much More Than a Fish

Jean-Léon Bouchard

L’anguille a occupé une place importante dans la vie des gens de Petite-Rivière. Autrefois, on pouvait bien sûr la manger, mais sa peau, très résistante, servait aussi à fabriquer des objets utilitaires. Jean-Léon Bouchard raconte comment on la manipulait et comment on utilisait toutes les parties de ce poisson. / Eels played an important role in the lives of the people of Petite-Rivière. In the past, they were, of course, eaten, but their remarkably durable skin was also used to make practical objects. Jean-Léon Bouchard explains how eels were handled and how every part of the fish was put to use.

Pêche à l’anguille à Petite-Rivière-Saint-François, par Jean Palardy, Musée de Charlevoix, Fonds Palardy, P25.P5-35 / Pêche à l’anguille à Petite-Rivière-Saint-François, by Jean Palardy, Musée de Charlevoix, Palardy Collection (P25.P5-35 4-2).

Goélette Saint-Hilaire, 1985, peinture, par Jack Jequel, Musée de Charlevoix (2024.3.17). / Goélette Saint-Hilaire, 1985, painting by Jack Jequel, Musée de Charlevoix (2024.3.17).

Remerciements
Acknowledgements

La Municipalité de Petite-Rivière-Saint-François remercie Artéfact urbain, producteur délégué, ainsi que le Comité citoyen du projet des legs du 350e, le Musée de Charlevoix, le Musée maritime de Charlevoix, le Centre d’archives régional de Charlevoix ainsi que les familles et les collaborateurs ayant contribué à la réalisation de ce projet.

La Municipalité de Petite-Rivière-Saint-François remercie chaleureusement les personnes et institutions ayant contribué au projet : les membres du Comité citoyen du projet des legs du 350e, Gilles Lavoie, Andrée Havard, Christine Racine, Viviane Debock, Paule Francoeur et Guillaume Néron, Alexis Beaudoin et Nadyne Deschênes du Musée de Charlevoix, Annabelle Tremblay et Danielle Bouchard du Musée maritime de Charlevoix, Rosaire Tremblay du Centre d'archives régional de Charlevoix, Karine Deschênes, graphiste et illustratrice, Ghyslaine Bouchard et la famille Euclide Bouchard, ainsi que Gaëtane Bouchard et la famille Paul Bouchard.

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The Municipality of Petite-Rivière-Saint-François thanks Artéfact urbain, delegated producer, as well as the Comité citoyen du projet des legs du 350e, the Musée de Charlevoix, the Musée maritime de Charlevoix, the Centre d’archives régional de Charlevoix, and the families and collaborators who contributed to this project.

The Municipality of Petite-Rivière-Saint-François warmly thanks the individuals and institutions who contributed to the project: the members of the Comité citoyen du projet des legs du 350e, Gilles Lavoie, Andrée Havard, Christine Racine, Viviane Debock, Paule Francoeur and Guillaume Néron; Alexis Beaudoin and Nadyne Deschênes of the Musée de Charlevoix; Annabelle Tremblay and Danielle Bouchard of the Musée maritime de Charlevoix; Rosaire Tremblay of the Centre d’archives régional de Charlevoix; Karine Deschênes, graphic designer and illustrator; Ghyslaine Bouchard and the Euclide Bouchard family; as well as Gaëtane Bouchard and the Paul Bouchard family.


Équipe de réalisation

Producteur délégué : Artéfact urbain
Productrice : Jeanne Couture
Conception et réalisation : Éloïse Plamondon-Pagé et Irène Saint-Amand  
Recherche et rédaction : Éloïse Plamondon-Pagé
Révision linguistique : Odile Pelletier
Traduction : Laurence Laliberté
Graphisme : Hélène Bouchard, Carte blanche 
Captation et montage sonores : Denis Baribault
Consultant : Charles Miller

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Production Team

Delegated Producer: Artéfact urbain
Producer: Jeanne Couture
Design and Production: Éloïse Plamondon-Pagé and Irène Saint-Amand
Research and Writing: Éloïse Plamondon-Pagé
Language Editing: Odile Pelletier
Translation: Laurence Laliberté
Graphic Design: Hélène Bouchard, Carte blanche
Sound Recording and Editing: Denis Baribault
Consultant: Charles Miller


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